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Recours en matière pénale : contester une condamnation

Vous avez été condamné par un tribunal de police ou un tribunal correctionnel, ou vous êtes partie civile ? En matière pénale, les délais de recours sont parmi les plus courts du droit belge.

En bref

Un jugement pénal contradictoire peut faire l’objet d’un appel dans les 30 jours du prononcé, accompagné d’une requête indiquant les griefs contre le jugement. Un jugement rendu par défaut peut faire l’objet d’une opposition dans les 15 jours de sa signification. Le pourvoi en cassation doit en principe être formé dans les 15 jours du prononcé. Toutes les décisions pénales ne sont pas susceptibles des mêmes recours.

Quelle décision pénale avez-vous reçue ?

Les voies de recours dépendent de la juridiction et de la nature de la décision :

Décision Recours ordinaire Délai de principe
Jugement contradictoire du tribunal de police ou du tribunal correctionnel Appel (tribunal correctionnel ou cour d’appel) 30 jours à compter du prononcé, avec requête contenant les griefs
Jugement rendu par défaut Opposition 15 jours à compter de la signification
Arrêt d’appel ou décision en dernier ressort Pourvoi en cassation 15 jours à compter du prononcé
Arrêt de la cour d’assises Pas d’appel ; pourvoi en cassation uniquement 15 jours
Décisions en matière de détention préventive Appel devant la chambre des mises en accusation Délais très courts, comptant en heures

L’appel d’un jugement pénal

L’appel est formé par une déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu le jugement, dans les 30 jours du prononcé lorsque le jugement est contradictoire. Depuis 2016, il doit être accompagné, dans le même délai et sous peine de déchéance, d’une requête ou d’un formulaire de griefs précisant les points du jugement contestés : culpabilité, qualification, peine, confiscation, intérêts civils, etc. La juridiction d’appel ne réexamine, en principe, que les points visés.

Le ministère public peut lui aussi faire appel, ce qui peut conduire à une peine plus lourde. L’opportunité d’un appel doit donc être évaluée avec soin.

L’appel de la partie civile

La victime constituée partie civile peut faire appel des dispositions qui concernent ses intérêts civils (indemnisation), mais non de la peine prononcée, qui relève du ministère public.

L’opposition au jugement par défaut

Si vous n’étiez ni présent ni représenté à l’audience, vous pouvez former opposition dans les 15 jours de la signification du jugement. Lorsque la signification n’a pas été faite à votre personne, un délai d’opposition dit extraordinaire peut s’appliquer à partir du moment où vous avez eu connaissance de la signification. L’opposition est irrecevable si le défaut est considéré comme volontaire, par exemple lorsque la personne savait qu’elle était citée et a délibérément choisi de ne pas comparaître.

Ne pas attendre. Une opposition non suivie de comparution à la nouvelle audience est considérée comme non avenue, et le jugement par défaut redevient définitif.

Le pourvoi en cassation

La Cour de cassation ne rejuge pas les faits : elle contrôle la légalité de la décision et le respect des formes. Le pourvoi est formé dans les 15 jours du prononcé. Les moyens doivent être présentés dans un mémoire signé par un avocat titulaire d’une attestation de formation en procédure en cassation, dans un délai strict.

Avant le jugement : la défense devant le tribunal correctionnel

La meilleure façon de limiter le besoin d’un recours reste une défense préparée en première instance : consultation du dossier répressif, conclusions, demande de mesures alternatives (suspension du prononcé, sursis, peine de travail) lorsque les conditions légales sont réunies.

Les documents utiles

  • le jugement ou l’arrêt, et la date du prononcé ;
  • l’acte de signification, s’il s’agit d’un jugement par défaut ;
  • la citation ou la convocation, et les conclusions déposées ;
  • tout document relatif à votre situation personnelle (travail, famille, santé), utile pour la peine.

Les erreurs à éviter

  • Faire appel sans déposer la requête de griefs dans le délai.
  • Croire que le délai commence à la réception d’une copie : pour un jugement contradictoire, il court en principe dès le prononcé.
  • Négliger le risque d’un appel incident ou principal du ministère public.

Les recours pendant l’enquête

Les voies de recours ne concernent pas seulement le jugement final. Pendant l’instruction, plusieurs décisions peuvent être contestées devant la chambre des mises en accusation :

  • les décisions relatives à la détention préventive (voir notre article sur la détention préventive) ;
  • le refus d’accomplir des devoirs d’enquête complémentaires ;
  • le refus de consultation du dossier ;
  • certaines mesures portant sur des biens saisis ;
  • l’ordonnance de règlement de la procédure, dans les limites prévues par la loi (voir notre article sur l’ordonnance de renvoi).

La victime : se constituer partie civile

La victime d’une infraction peut se constituer partie civile pour obtenir réparation de son dommage, soit devant le juge d’instruction, soit à l’audience. Elle peut aussi faire une déclaration de personne lésée pour être informée du suivi de la procédure. En cas de classement sans suite par le parquet, la constitution de partie civile devant le juge d’instruction ou la citation directe peuvent, dans certaines conditions, relancer l’action.

Le tribunal de police

Le tribunal de police juge notamment les infractions de roulage. Les règles d’appel et d’opposition y sont les mêmes qu’en matière correctionnelle, l’appel étant porté devant le tribunal correctionnel siégeant en degré d’appel. Les déchéances du droit de conduire et les amendes importantes justifient souvent un examen attentif des voies de recours.

Les conséquences indirectes d’une condamnation

Une condamnation pénale peut avoir des effets au-delà de la peine : mention au casier judiciaire, conséquences professionnelles, impact sur un titre de séjour ou une demande de nationalité, déchéance du droit de conduire. Ces conséquences doivent être prises en compte dans la décision de faire appel ou non, et dans la demande de mesures alternatives comme la suspension du prononcé.

L’intervention du cabinet

Le cabinet vérifie le type de décision et le délai applicable, analyse le jugement et le dossier, vous conseille sur l’opportunité d’un recours au regard des risques, forme l’appel ou l’opposition et rédige les griefs, puis assure votre défense. Aucun résultat ne peut être garanti.

Sources officielles

Contenu informatif rédigé sur la base des textes en vigueur au 6 novembre 2026. Il ne remplace pas une analyse individuelle de votre dossier.

Vous avez été condamné ?

Contactez le cabinet immédiatement avec le jugement et la date du prononcé : le délai d’appel court déjà.

Questions fréquentes

Recours en matière pénale : vos questions

Combien de temps ai-je pour faire appel d’un jugement pénal ?

Pour un jugement contradictoire, 30 jours à partir du prononcé. La requête indiquant les griefs doit être déposée dans le même délai, sous peine de déchéance.

Quel est le délai d’opposition ?

15 jours à compter de la signification du jugement rendu par défaut. Un délai extraordinaire peut s’appliquer si la signification n’a pas été faite à votre personne.

Ma peine peut-elle être aggravée en appel ?

Si seul le condamné fait appel, la peine ne peut en principe pas être aggravée. Si le ministère public fait aussi appel, une peine plus lourde est possible.

Peut-on faire appel d’un arrêt de cour d’assises ?

Non. Seul un pourvoi en cassation est possible contre un arrêt de la cour d’assises.

La victime peut-elle contester le jugement ?

La partie civile peut faire appel des dispositions relatives à ses intérêts civils, mais pas de la peine prononcée.

Ces réponses sont générales. Chaque situation doit être examinée individuellement.